jeudi 25 septembre 2014

Magali Dulain


Je m'appelle Nako, Guia Risari, ill. Magali Dulain, Le Baron perché, 2014



Magali Dulain nous enveloppe de douceur. Ses images où la nature, très présente,  est représentée de manière délicate offrent à la fois une escapade hors des sentiers de nos villes mais aussi une immersion dans un monde étrange et merveilleux. Deux albums à découvrir d’urgence en cette saison où les feuilles commencent à tapisser nos pieds.



Je m'appelle Nako, Guia Risari, ill. Magali Dulain, Le Baron perché, 2014

Au baron perché, Magali Dulain a illustré un album d’une grande délicatesse qui donne la parole à un enfant rom. Je m’appelle Nako raconte le quotidien d’un enfant qui doit faire face aux préjugés que ses camarades d’école véhiculent sur son peuple. Face aux offenses de la cour de récré, Nako nous explique, à nous lecteurs, avec modestie  et simplicité, toute la richesse de son peuple. Combattre l’ignorance et la bêtise humaine avec des mots empreints de chaleur. Je m’appelle Nako est un album délicat pour percer le cœur des enfants tsiganes.  Le livre se clôt sur des proverbes roms, chacun logés dans un nuage où l’on découvre la poésie des gens du voyage. Ce n’est pas la destination mais la route qui compte.



Le Renard perché, Quitterie Simon, ill. Magali Dulain, Casterman, 2014


C’est l’automne. Un enfant se promène dans la forêt, une nature luxuriante,  verte et orangée.
Un lapin dans son terrier fait un somme, tandis que son compère du terrier voisin, attend son réveil. A deux, c’est mieux, toujours... Une affirmation dont Le Renard perché en est la dernière illustration que j’ai en main.
Un enfant, dont on ne découvre à la première page, qu’une face étonnée et de beaux cheveux roux, a  remarqué une chose étrange: un renard perché sur un arbre. Au loin, le garçonnet a repéré son pelage orange, du même ton que les feuilles de l’arbre qui abrite l’animal et du même roux que ses mèches. L’enfant rejoint le renard. Ce dernier, nullement dérangé, continue à guetter au loin. Que fait ce renard sur cet arbre, immobile et dans un équilibre instable sur sa branche, à observer l’horizon ? Le Renard perché est une ode à l’amitié et à la patience. Bien sûr, on pense au renard du Petit Prince et on se dit que les renards, réputés pour être rusés, sont aussi, en littérature, de beaux spécimens de tendresse. 
Le décor du Renard perché est splendide et l’on aime se perdre dans cette forêt au milieu des chardons, lierres, fougères et baies... Une auto jaune serpente au bas de la montagne rose. Dans la vallée, une cheminée fume. Que de choses à voir et à rêver. Quand l’enfant commence à se rapprocher du renard, le dessin se resserre autour du visage du garçon et de la tête de l’animal et dans ce très beau face à face, on ne sait qui de l’enfant ou du renard, se laisse apprivoiser. Bouleversant.

Magali Dulain, originaire de Nantes, vit et travaille à Lille.
Bibliographie :
Je m’appelle Nako, avec Guia Risari, le Baron perché, mars 2014
Le Renard perché, avec Quitterie Simon, Casterman, août 2014

Plus d’infos sur son travail, http://magalidulain.com/

mardi 15 juillet 2014

Richard Marnier

Richard Marnier, Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, Le Rouergue, 2014

 Artiste plasticien, Richard Marnier a donné vie à une série de robots, sculptures de bois,  conçus à partir de petits objets familiers de cuisine ou d’outillages abandonnés dans un tiroir.  Les robots dénommés Les Super Brikabraks,  sont minutieusement présentés dans un catalogue,  chaque robot faisant l’objet d’une fiche détaillée associant croquis, photographie et présentation textuelle de leurs super pouvoirs mais aussi de leurs faiblesses.

On passe en revue les qualités de Super Calculator ventral, de Miss 2 FF ou de Monsieur Robeau et comme dans tout bon catalogue, on élit ses préférés. On loue les mérites d’un Voltard pour les jours de grande fatigue et on convoite l’ultra communicabilité du Fétiche à piston, sans doute très utile pour venir à bout des petites ou grosses fâcheries. 

Richard Marnier a souhaité construire avec des objets fragiles des machines indestructibles. C’est  de cette opposition qu’est né ce projet de sculptures et  plus largement, la volonté d’établir un rapport entre la toute puissance fictive et la vie réelle. Ou comment faire de l’incommensurable avec du commun.

Les géo trouve tout de 10 ans seront épatés par l’ingéniosité de ces sculptures spatiales et auront à cœur de réaliser leur propre robot de l’espace. Alors cet été, si les ronds de serviettes disparaissent de chez grand-mère ou que la boîte de perles de « petite sœur » se vide à vu d’œil, à mon avis, c’est qu’une armée de robots est entrain de se construire dans le plus grand secret.

 
Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, éditions du Rouergue, 2014

Exposition des robots à la très petite librairie de Clisson jusqu’au mois d’août, à Emmaüs de Nantes en septembre et aux Utopiales du 29 octobre au 3 novembre 2014.

Bibliographie sélective :
Avec Aude Maurel,
Les Indiens ne disent rien, Frimousse, 2009
Un très bel album qui prône le pacifisme et l’amour de son prochain.

Est-ce la lune, Les P’tits Bérets, 2013
Album poétique et graphique à partir du dessin de la lune qui croît et décroît.

A paraître :
Avec Aude Maurel, aux éditions Frimousse :
Je t’entends
Laissez-moi passer !
La lumière allumée

Avec Gaëtan Dorémus aux éditions du Rouergue,
Le Miel des trois compères

Plus d’infos sur le travail de Richard Manier, son site :www.richard-marnier.fr

vendredi 4 juillet 2014

Le Voyage à Nantes en illustrés # 6 Inventaire illustré des animaux à queue

Un écureuil du Cap, Inventaire illustré des animaux à queue, Albin Michel
 
 
Un inventaire instructif de toute beauté qui recense les animaux à queue selon la fonction de cette dernière : déplacement, équilibre, communication, séduction, combat ou fonctions diverses. Quel est le point commun au maki catta, au loup et au chat ? ou au paon, au canard colvert et au tétras-lyre ? A vous de découvrir… Il y a des animaux que l’on aimerait bien imiter cet été : singer l’écureuil du Cap à la plage ou pouvoir, comme le cheval,  éloigner les moustiques. Reste plus qu’à se laisser pousser les cheveux…
Cet inventaire a été réalisé à la suite de l’exposition Parce Queue présentée en 2012 au Museum-Aquarium de Nancy. A Nantes, exposition du même nom, coproduite par l’Espace des sciences de Rennes et les Museum de Nantes et de Neuchâtel, à voir jusqu’en 22 février 2015.
 
 
 
Inventaire illustré des animaux à queue, illustré par Emmanuelle Tchoukriel, sous la direction de Virginie Aladjidi, Albin Michel, 2012
Parce queue au Museum d’histoire naturelle