mercredi 29 octobre 2014

Contes de Russie


Contes de Russie, ill Sébastien Pelon, 2013
Un air de Russie souffle à Nantes cet automne.
On savoure les Contesde Russie (de Robert Giraud) où les enfants sont aussi rusés que le plus rusé des renards. On croise de mystérieuses créatures (Le Maître de la mer ou la Fille de neige), une méchante sorcière voleuse d’enfants, la célèbre Baba Yaga, et bien des choses surprenantes et magiques comme un pommier aux fruits brillants, « aux feuilles d’argent et aux branches d’or » ou une rivière de lait propice à la plus gourmande des cachettes.

En tournant les pages de cet album de contes, on explore des sentiments aussi mélangés que ce vaste pays de l’est européen. Avoir peur de féroces animaux comme du plus tyrannique souverain, se réjouir du courage et de la malice des enfants, s’agacer des méchants et être comblé de les voir punir et enfin, voir la bonté récompensé autant que la solidarité.
Les lecteurs rêveront  devant les illustrations vivantes où les filles aux joues rondes et aux cheveux tressés portent des fichus et des jupons chamarrés et dansent auprès d’un feu les soirs d’été. Les animaux ne sont pas en reste : les tigres jaillissent des pages, les chevaux sauvages galopent et les poissons frétillent sur le papier. C’est enlevé, doux et énigmatique, tout à la fois.



On se surprend aussi, longtemps après cette lecture, d’avoir retenu échanges et dialogues et les dire à point nommé :  « Si tu m’énerves, si tu m’agaces, je t’aplatis comme une limace. » Une mine de bons mots que soufflerons les plus attentifs de nos jeunes lecteurs. Et on les félicite, bien entendu !





Robert Giraud, Contes de Russie, 
illustré par Sébastien Pelon, Père Castor, 2013










Le Tour de la Russie en 19 jours, jusqu’au 2 novembre à l’espace Cosmopolis
Concerts, spectacles, ateliers…, plus d’infos : Ville de Nantes


Dans le cadre de l’exposition de Olga Boldyreff, "Promenade dans le monde de Dostoïevski",
Jusqu’au 3 janvier 2015,  médiathèque Jacques Demy

Conférence Le conte russe traditionnel, par Lise Gruel-Apert, agrégée de Langue et Littérature russe, mardi 18 novembre à 10h,  médiathèque Jacques Demy, salle Jules Vallès, 24 quai de la Fosse
 inscription auprès du Centre Bermond Boquié : bm.cbb@mairie-nantes.fr

Un voyage à travers les contes de Luda par la conteuse Muriel Bloch,
Vendredi 14 novembre à 19h, médiathèque Jacques Demy, salle Jules Vallès, 24 quai de la Fosse

jeudi 25 septembre 2014

Magali Dulain


Je m'appelle Nako, Guia Risari, ill. Magali Dulain, Le Baron perché, 2014



Magali Dulain nous enveloppe de douceur. Ses images où la nature, très présente,  est représentée de manière délicate offrent à la fois une escapade hors des sentiers de nos villes mais aussi une immersion dans un monde étrange et merveilleux. Deux albums à découvrir d’urgence en cette saison où les feuilles commencent à tapisser nos pieds.



Je m'appelle Nako, Guia Risari, ill. Magali Dulain, Le Baron perché, 2014

Au baron perché, Magali Dulain a illustré un album d’une grande délicatesse qui donne la parole à un enfant rom. Je m’appelle Nako raconte le quotidien d’un enfant qui doit faire face aux préjugés que ses camarades d’école véhiculent sur son peuple. Face aux offenses de la cour de récré, Nako nous explique, à nous lecteurs, avec modestie  et simplicité, toute la richesse de son peuple. Combattre l’ignorance et la bêtise humaine avec des mots empreints de chaleur. Je m’appelle Nako est un album délicat pour percer le cœur des enfants tsiganes.  Le livre se clôt sur des proverbes roms, chacun logés dans un nuage où l’on découvre la poésie des gens du voyage. Ce n’est pas la destination mais la route qui compte.



Le Renard perché, Quitterie Simon, ill. Magali Dulain, Casterman, 2014


C’est l’automne. Un enfant se promène dans la forêt, une nature luxuriante,  verte et orangée.
Un lapin dans son terrier fait un somme, tandis que son compère du terrier voisin, attend son réveil. A deux, c’est mieux, toujours... Une affirmation dont Le Renard perché en est la dernière illustration que j’ai en main.
Un enfant, dont on ne découvre à la première page, qu’une face étonnée et de beaux cheveux roux, a  remarqué une chose étrange: un renard perché sur un arbre. Au loin, le garçonnet a repéré son pelage orange, du même ton que les feuilles de l’arbre qui abrite l’animal et du même roux que ses mèches. L’enfant rejoint le renard. Ce dernier, nullement dérangé, continue à guetter au loin. Que fait ce renard sur cet arbre, immobile et dans un équilibre instable sur sa branche, à observer l’horizon ? Le Renard perché est une ode à l’amitié et à la patience. Bien sûr, on pense au renard du Petit Prince et on se dit que les renards, réputés pour être rusés, sont aussi, en littérature, de beaux spécimens de tendresse. 
Le décor du Renard perché est splendide et l’on aime se perdre dans cette forêt au milieu des chardons, lierres, fougères et baies... Une auto jaune serpente au bas de la montagne rose. Dans la vallée, une cheminée fume. Que de choses à voir et à rêver. Quand l’enfant commence à se rapprocher du renard, le dessin se resserre autour du visage du garçon et de la tête de l’animal et dans ce très beau face à face, on ne sait qui de l’enfant ou du renard, se laisse apprivoiser. Bouleversant.

Magali Dulain, originaire de Nantes, vit et travaille à Lille.
Bibliographie :
Je m’appelle Nako, avec Guia Risari, le Baron perché, mars 2014
Le Renard perché, avec Quitterie Simon, Casterman, août 2014

Plus d’infos sur son travail, http://magalidulain.com/

mardi 15 juillet 2014

Richard Marnier

Richard Marnier, Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, Le Rouergue, 2014

 Artiste plasticien, Richard Marnier a donné vie à une série de robots, sculptures de bois,  conçus à partir de petits objets familiers de cuisine ou d’outillages abandonnés dans un tiroir.  Les robots dénommés Les Super Brikabraks,  sont minutieusement présentés dans un catalogue,  chaque robot faisant l’objet d’une fiche détaillée associant croquis, photographie et présentation textuelle de leurs super pouvoirs mais aussi de leurs faiblesses.

On passe en revue les qualités de Super Calculator ventral, de Miss 2 FF ou de Monsieur Robeau et comme dans tout bon catalogue, on élit ses préférés. On loue les mérites d’un Voltard pour les jours de grande fatigue et on convoite l’ultra communicabilité du Fétiche à piston, sans doute très utile pour venir à bout des petites ou grosses fâcheries. 

Richard Marnier a souhaité construire avec des objets fragiles des machines indestructibles. C’est  de cette opposition qu’est né ce projet de sculptures et  plus largement, la volonté d’établir un rapport entre la toute puissance fictive et la vie réelle. Ou comment faire de l’incommensurable avec du commun.

Les géo trouve tout de 10 ans seront épatés par l’ingéniosité de ces sculptures spatiales et auront à cœur de réaliser leur propre robot de l’espace. Alors cet été, si les ronds de serviettes disparaissent de chez grand-mère ou que la boîte de perles de « petite sœur » se vide à vu d’œil, à mon avis, c’est qu’une armée de robots est entrain de se construire dans le plus grand secret.

 
Robots intergalactiques, Les Super Brikabraks, éditions du Rouergue, 2014

Exposition des robots à la très petite librairie de Clisson jusqu’au mois d’août, à Emmaüs de Nantes en septembre et aux Utopiales du 29 octobre au 3 novembre 2014.

Bibliographie sélective :
Avec Aude Maurel,
Les Indiens ne disent rien, Frimousse, 2009
Un très bel album qui prône le pacifisme et l’amour de son prochain.

Est-ce la lune, Les P’tits Bérets, 2013
Album poétique et graphique à partir du dessin de la lune qui croît et décroît.

A paraître :
Avec Aude Maurel, aux éditions Frimousse :
Je t’entends
Laissez-moi passer !
La lumière allumée

Avec Gaëtan Dorémus aux éditions du Rouergue,
Le Miel des trois compères

Plus d’infos sur le travail de Richard Manier, son site :www.richard-marnier.fr