vendredi 27 mai 2016

Maisons-Maison

Elisa Géhin, éditions Thierry Magnier

Il pleut. Les passants abrités sous leurs parapluies se pressent. Seul Monsieur Maison reste figé sous la pluie. Il a perdu son parapluie. Alors pour se mettre au sec, il entreprend de fabriquer une maison. Bien au chaud, à l’intérieur de sa demeure et depuis la lucarne de l’étage, Monsieur Maison regarde les gouttes qui tombent sans discontinuité.

Quand la pluie cesse enfin, Monsieur Maison sort de chez lui. Etonné, il observe que d’autres personnes ont également entrepris de construire des habitations semblables à la sienne. Monsieur Maison souhaite se démarquer, tout du moins avoir une maison qui ressemble à aucune autre. Il décide alors d’agrandir son logement et y accole une extension : un pavillon identique au premier vient prolonger la propriété de Monsieur Maison. Mais, malheureusement pour lui, ses voisins font de même et continuent à bâtir. Monsieur Maison riposte en empilant des parpaings les uns sur les autres jusqu’à construire une impressionnante demeure, pleine de fenêtres comme dans la chanson d’Anne Sylvestre.

Elisa Géhin, éditions Thierry Magnier


Elisa Géhin aborde avec  Maisons-Maison la ville entrain de se construire et les évolutions urbaines qui ne cessent de bouleverser la vision que l’on peut avoir de l’endroit où l’on vit. Les maisons individuelles s’insèrent, avec fantaisie et bonheur (c’est un régal de voir les blocs remplir la page au fur et à mesure),  à côté d’ensembles collectifs pour composer un puzzle urbain vivant et coloré, dans des teintes chaudes, allant du rose à l’oranger. Des couleurs que l’on voit si peu dans nos villes. Et si on repeignait les façades de nos villes ?

Elisa Géhin, éditions Thierry Magnier


Maisons-Maison donne envie d’inventer des demeures de papier  (sortez les crayons) ou de plastique (sortez les lego) pour créer sa Cité Idéale ou sa Cité radieuse.  A vous de jouer !



Elisa Géhin, Maisons-Maison, éditions Thierry Magnier, 2016

jeudi 19 mai 2016

Toute une vie pour apprendre

ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges

Oui, on peut chaque jour apprendre quelque chose. Et certains jours, ne rien apprendre du tout. Oui, on peut apprendre à tout âge, et même quand cela fait bien longtemps que l’on ne s’assoit plus sur le banc d’une école. Oui, on peut prendre plaisir à acquérir savoir et savoir-faire.
Toutes ces affirmations sont contenues dans Toute une vie pour apprendre, un album précieux pour encourager l'acquisition de nouvelles connaissances.

ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges
Tout au long de l’album, on suit un personnage qui  raconte ses activités quotidiennes.  Loin d’une énumération des premières fois, comme manger du riz avec des baguettes, Gabriele Rebagliati évoque la patience et le temps nécessaire à l’apprentissage.  Rien ne se fait en un clin d’œil ! Car apprendre c’est aussi s’entraîner, le « faire et refaire » qui peut lasser certains jeunes enfants. Le personnage prend des cours de piscine et, une fois rentré chez lui, il exerce son souffle dans la baignoire sous l’œil moqueur du poisson rouge. Autre exemple, pour apprendre l’anglais, il se laisse  bercer, chaque matin, par la musique de mots inconnus en petit-déjeunant devant la BBC. Et peu importe si il ne capte que des bribes de vocabulaire. Il faut de l’effort, de la constance pour réussir un objectif.


ill. Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges

Les illustrations sont gaies, naïves et vivantes et les couleurs pétillent : du jaune, du vert, du bleu, du rose… On en prend plein les mirettes. Le cadrage des images est particulièrement réussi. Michio  Watanabe joue avec son personnage et nous donne à voir des plans décalés et amusants.  Le lecteur est au-dessus de la piscine, accroupi à côté de la baignoire, assis dans l’herbe, au niveau des roues de la bicyclette et a ainsi qu’une vue partielle du personnage. Ce n’est qu’à la toute dernière page qu'il se dévoile, lors d’une occasion spéciale….


Un livre à offrir aux enfants impatients, à ceux qui rechignent à recommencer, à ceux qui hésitent à se lancer dans un nouveau domaine d’activités et bien sûr, aux grands-mères !


Gabriele Rebagliati, Toute une vie pour apprendre, illustrations de Michio Watanabe, Les Fourmis Rouges, 2016

lundi 9 mai 2016

Les Maisons des autres enfants


ill. de Claudia Palmarucci


Les Maisons des autres enfants nous invitent à entrer dans des maisons italiennes. Le narrateur est un enfant qui nous présente différentes demeures appartenant à des enfants et leurs familles. Il décrit l’architecture des maisons et la façon dont y vivent les résidents. On entre dans ces habitations avec la curiosité de rencontrer des familles toujours différentes et de se mêler, un instant, à leurs vies si dissemblables.


ill. de Claudia Palmarucci

Giacomo habite un appartement chargé d’innombrables tableaux, c’est si exigu chez Giacomo que le « malheureux enfant » travaille dans la cuisine et joue dans la salle de bains.
Matteo, lui, partage sa demeure avec toute sa famille, pas moins de dix personnes : ses parents bien entendu, sa grosse sœur et son gros fiancé, ses grands-parents très vieux, sa tante toujourtriste et son oncle toujourgai…  et son chien.
Lorena vit dans un palais ouvert à la visite.  Sindel loge dans une cabane en bois et en fer, Mimmo dans une belle et grande maison qui sent le chou-fleur, Marco, dans un hôtel car ses parents sont hôteliers. Lillo, lui, a la chance de partir en été dans sa maison de vacances, près de la mer.
ill. de Claudia Palmarucci

Et si chacun vit dans des endroits différents, tous les nomment  « Maisons ». Des rencontres inattendues et de superbes et étonnantes illustrations. 

Luca Tortolini, Les Maisons des autres enfants, illustrations de Claudia Palmarucci, Cambourakis, 2016